Bilan de Compétences

MELANIE : DES LABORATOIRES DE PARFUMS AU DEVELOPPEMENT D’APPLICATIONS EN PASSANT PAR L’ASSISTANAT DE DIRECTION

Temps de lecture : 5 min

Dans cette série d’articles de blogs, nous partons à la rencontre de personnes qui ont connu un changement professionnel significatif, parfois volontaire, parfois imposé par les circonstances. Reconversion, grosse évolution ou changement radical de contexte, nos invité(e)s nous racontent leur parcours, leur ressenti et leur expérience.

Dans cet article, nous découvrons Mélanie qui est passée d’abord du monde des laboratoires de parfum à l’assistanat bilingue de direction puis au développement d’applications.

Qui es-tu ?

Je m’appelle Mélanie, j’ai presque 40 ans et je suis originaire du Gers. Je suis en couple avec un enfant et je vis dans la région toulousaine.

Quel est ton parcours ?

Tes études

Après le bac, j’ai fait une licence professionnelle en parfums, arômes et cosmétiques à Montpellier. Quelques années plus tard lors de ma première reconversion professionnelle je suis rentrée en alternance pendant 2 ans dans une école de la CCI de Paris pour devenir assistante de direction bilingue. Enfin tout récemment j’ai terminé des formations me permettant de devenir développeuse d’applications.

Ton expérience professionnelle

Pendant mes études j’ai fait des stages en laboratoire de parfumerie et agroalimentaire. Puis pour partir en Australie (c’était mon rêve !) j’ai fait de nombreux petits boulots pendant 1 an pour mettre de l’argent de côté. En Australie j’ai découvert le woofing et j’ai travaillé dans des fermes, en tant que serveuse, vendeuse, barista… A mon retour j’ai été en alternance en tant qu’assistante de direction bilingue chez Lafarge avant de signer un CDI chez Sodexo où je suis restée plus de 10 ans. Je suis désormais développeuse d’application dans une grande ESN - Entreprise de Service du Numérique - française présente à l’international depuis fin 2023.

le changement

Pourquoi ?

J’en suis déjà à ma 2e reconversion ! J’ai fait des études en parfums, arômes et cosmétiques car ça avait été ma passion pendant des années. Pour la 1ere reconversion, je savais d’expérience que c’était un milieu difficile à intégrer et qu’après 2 ans en Australie sans expérience dans le secteur, ça allait être encore plus difficile. En plus, j’avais fait beaucoup de petits boulots en contact avec les gens, je n’arrivais plus à me projeter dans un environnement de laboratoire qui ne m’attirait plus du tout. J’avais évolué dans mes envies et mes valeurs. En rentrant, je voulais plus d’humain et souhaitais garder l’Anglais, d’où mon choix du métier d’assistante de direction bilingue.

Pour la 2e reconversion, ça m’a pris beaucoup plus de temps, plusieurs années de réflexion. Après une dizaine d’années dans le métier, je sentais que j’avais fait un peu le tour et que j’avais envie de changer de métier à nouveau. Je n’étais plus trop stimulée, je savais que je voulais changer, faire autre chose mais je ne savais pas quoi. On m’a proposé d’évoluer dans l’entreprise mais je n’arrivais pas à me projeter. Je suis quelqu’un de très opérationnelle et je ne me voyais pas dans des postes fonctionnels.

Il faut savoir que quand j’étais jeune et qu’internet est arrivé j’ai cherché par moi-même comment ça marchait pour créer quelques sites internet etc. Et un jour, pendant un café avec une ancienne collègue, je me suis rendu compte qu’il y avait plein de métiers possibles dans ce monde-là. Et j’ai eu un déclic : je voulais faire du développement informatique !

Comment cela s’est-il passé ?

Pour ma 1ere reconversion j’avais 25-26 ans. J’ai choisi le métier et j’ai passé un concours. Pendant les 2 ans d’alternance cela a été très compliqué financièrement car j’étais seule à Paris et je ne voulais pas demander d’aide à mes parents. J’aurais pu exercer un petit boulot à côté, mais j’avais beaucoup de travail à faire pour l’école, je ne me suis pas sentie capable de cumuler tout ça.

Dans le 2e cas, une fois que j’ai eu le déclic, j’ai fait beaucoup de formations gratuites en ligne, pendant environ 6 mois. Ça m’a permis de valider que c’était ce que je voulais faire. J’en ai ensuite parlé à mes responsables et aux RH et on s’est orienté vers TransitionPro.fr. Mais j’ai finalement laissé tomber car ils demandaient une majorité de présentiel et la formation que j’avais choisie sur l’un des derniers langages de programmation n’était disponible qu’en distanciel sur OpenClassRooms et donc ne pouvait pas être financée par TransitionPro.fr.

Il y a eu un Plan de Sauvegarde de l’Emploi à ce moment-là chez Sodexo dont j’ai pu faire partie, ce qui m’a permis d’avoir une enveloppe pour financer ma reconversion.

Comment as-tu vécu cette phase de ta vie ?

Pendant la 1ere reconversion j’étais hyper motivée pour passer mon concours. La formation était très chouette. Par contre j’ai toujours été indépendante financièrement et je n’ai pas voulu demander d’aide à mes parents. Donc vivre à Paris pendant 2 ans avec le salaire d’une apprentie a été très dur émotionnellement. Surtout que j’avais passé l’âge pour bénéficier des différentes aides (CAF etc)…

Je me suis même effondrée lors du dernier point avec ma tutrice Lafarge et la prof qui me suivait. J’aurais peut-être pu prendre un petit job supplémentaire à côté, mais avec le travail que j’avais à faire pour l’école je ne le sentais pas. Donc ça a été dur mais je ne le regrette pas, ça m’a ouvert des portes.

Pour la 2e reconversion, grâce au PSE et à Pole Emploi c’était hyper confortable financièrement. La difficulté cette fois n’était pas financière mais de concilier les études à la maison à ma vie de famille. C’est très compliqué de faire comprendre à son conjoint et à son enfant que même si on est à la maison on n’est pas disponible ! J’avais également beaucoup de travail et je n’ai pas eu de vraies vacances pendant 2,5 ans. Donc socialement ça a été compliqué, entre le travail, le fait d’être à la maison et le déménagement vers Toulouse à la même période…

Je ne me rendais pas compte à quel point c’était difficile. C’est en en parlant avec les gens que j’ai réalisé ce que j’avais accompli.

As-tu été accompagné(e) ?

Pour la 1ere reconversion non, je me suis débrouillée toute seule pour trouver la formation qui me plaisait. Quand je suis allée voir Pole Emploi à l’époque on m’a dit qu’on ne pouvait pas m’aider.

Pour la 2e reconversion j’ai été accompagnée par ma hiérarchie et les RH de Sodexo. Je me suis sentie très soutenue une fois que j’avais choisi ma formation, pas forcément pour m’aider à choisir dans quelle voie m’orienter.

As-tu bénéficié d’un bilan de compétences ?

Non, j’en avais fait la demande aux RH pour ma 2e reconversion mais ils m’avaient répondu que ça ne serait pas miraculeux et qu’étant dans le flou total cela n’était pas adapté à ma situation.

Cela t’aurait-il aidé ?

Clairement cela aurait pu m’aider. Pendant 3 ans j’ai émis le souhait de changer et cela n’avançait pas jusqu’au déclic. Malgré ce qu’avaient dit les RH, je pense qu’un bilan de compétences m’aurait fait gagner du temps ! Même si ce n’est pas magique, cela aurait pu m’apporter des informations, me guider dans mes réflexions, faire un bilan sur moi, mes envies, mes compétences… C’est une introspection difficile à faire toute seule !

Et la suite ?

Quels sont tes projets ?

Personnellement, acheter une maison dans la région toulousaine ! Professionnellement, c’est de faire mon expérience chez mon employeur actuel, gagner en compétences et explorer différentes technos pour mieux choisir vers quoi me spécialiser et m’orienter ensuite.

Par intérêt personnel, je me lancerai bien dans un CAP couture en candidature libre pour le fun ! Mais je vais attendre plusieurs mois avant de me décider. Même si c’est pour le fun, on ne sait jamais, peut être qu’un jour, dans mes vieux jours…

Que peut-on te souhaiter ?

D’être épanouie dans ce que je fais et d’être bien entourée dans mes relations professionnelles, avec des gens bienveillants, intégrer des projets qui m’intéressent avec des équipes sympas.

Quel(s) conseil(s) donnerais-tu à quelqu’un qui veut se reconvertir ?

Prendre le temps de faire un gros travail d’introspection, poser cartes sur tables pour faire le point, sur ce que l’on veut et ce que l’on ne veut plus, les métiers ou secteurs qui nous intéressent. Selon moi, être accompagné sur cette partie là est vraiment intéressante, en tous cas, j’aurais aimé l’être :)

Lorsque l’on a son futur métier en tête, prendre le temps de réaliser une enquête métier pour bien être certain de faire le bon choix. C’est-à-dire se renseigner sur le métier, s’essayer à quelques formations gratuites ou peu chères en ligne s’il en existe, échanger avec des professionnels du secteur, effectuer un « vis ma vie »… Garder une trace de tout ceci dans un dossier, cela pourra être très utile ensuite pour obtenir des financements ou autre.

Enfin, garder son objectif final en tête et foncer, ça ne sera pas facile, il y aura forcément des hauts et des bas, mais l’enjeu en vaut la chandelle !

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