Dans le coaching professionnel, on entend souvent qu’un accompagnement doit durer plusieurs séances.
8 séances. 10 séances. Parfois plus.
L’argument est compréhensible : pour installer un changement, il faut du temps.
Et c’est vrai.
Certains sujets demandent un accompagnement de fond. Une transition professionnelle, un changement de posture, une prise de fonction, une difficulté relationnelle installée ou une perte de confiance ne se travaillent pas toujours en une seule séance.
Mais je me méfie quand la durée devient une règle fixée avant même d’avoir regardé le besoin.
Parce qu’un coaching n’a pas vocation à créer une dépendance au coach.
Il devrait, au contraire, aider la personne à reprendre de l’autonomie.
Avant de parler de nombre de séances, il est utile de clarifier ce que la personne vient travailler.
La question n’est pas seulement :
“Combien de séances faut-il prévoir ?”
Mais plutôt :
“De quoi cette personne a-t-elle besoin pour avancer ?”
Selon les situations, la réponse peut être très différente.
Une personne peut avoir besoin de revisiter en profondeur sa posture professionnelle, de comprendre des mécanismes qui se répètent, de reprendre confiance ou de construire une nouvelle manière d’agir dans son environnement.
Dans ce cas, un accompagnement sur plusieurs séances peut être pertinent.
Mais une autre personne peut arriver avec un sujet beaucoup plus ciblé :
Dans ces cas-là, quelques séances peuvent suffire.
Parfois même une seule.
Un coaching court n’est pas une version “réduite” ou “moins sérieuse” du coaching.
Il peut être très utile quand le sujet est suffisamment précis.
L’objectif n’est pas de tout transformer en une heure. Ce serait ambitieux. Ou prétentieux. Parfois les deux, histoire de ne pas choisir.
L’objectif est plutôt de travailler un point clair :
Un coaching court peut permettre de sortir d’une boucle.
Il ne remplace pas toujours un accompagnement plus long, mais il peut être suffisant lorsque la personne n’a pas besoin d’un travail de fond.
Elle a parfois seulement besoin d’un espace cadré pour poser le sujet autrement.
Le coaching professionnel repose sur un principe important : l’autonomie de la personne accompagnée.
Le coach n’est pas là pour devenir indispensable.
Il n’est pas là pour décider à la place de la personne, valider chacune de ses actions ou devenir une sorte de GPS humain pour adultes compétents mais temporairement embrouillés. Le monde est déjà assez rempli d’applications qui veulent penser à notre place.
Un bon accompagnement devrait aider la personne à :
Cela ne veut pas dire que le coach disparaît trop vite.
Cela veut dire que la durée doit rester au service de l’objectif.
Pas l’inverse.
Un accompagnement sur plusieurs séances peut être très utile lorsque le sujet demande du temps, de l’expérimentation et des ajustements.
C’est souvent le cas lorsque la personne souhaite travailler :
Dans ces situations, le temps entre les séances est précieux.
Il permet d’expérimenter, d’observer, de revenir sur ce qui s’est passé, d’ajuster, de consolider.
Le changement ne se joue pas uniquement pendant la séance.
Il se construit aussi entre les séances, dans les situations réelles.
À l’inverse, certains sujets ne nécessitent pas forcément un accompagnement long.
Une ou quelques séances peuvent être adaptées lorsque la personne arrive avec une question ciblée.
Par exemple :
Dans ces cas-là, le coaching peut aider à clarifier, structurer, hiérarchiser et remettre du mouvement.
Il ne s’agit pas de régler toute une trajectoire professionnelle.
Il s’agit de travailler un point suffisamment précis pour que la personne reparte avec plus de clarté.
Et parfois, c’est exactement ce dont elle avait besoin.
Prévoir un cadre est important.
Mais figer la durée sans tenir compte de la situation peut poser question.
Certaines personnes auront besoin d’un accompagnement de plusieurs mois. D’autres auront besoin de trois séances. D’autres encore d’une seule séance bien cadrée.
La durée devrait pouvoir s’ajuster en fonction :
Un coaching professionnel n’est pas un abonnement à consommer jusqu’au bout parce qu’un forfait l’a décidé.
C’est un accompagnement au service d’un objectif.
Quand cet objectif est atteint, ou suffisamment clarifié pour que la personne avance seule, il est sain de pouvoir s’arrêter.
Pour moi, une question centrale dans l’accompagnement est :
“De quoi cette personne a-t-elle besoin pour avancer sans moi ?”
Cette question change la posture.
Elle évite de penser le coaching comme une relation qui doit durer.
Elle invite à penser le coaching comme un espace temporaire, utile, cadré, au service de l’autonomie.
Cela peut passer par un accompagnement long.
Cela peut passer par quelques séances.
Cela peut aussi passer par une seule séance, lorsque le besoin est clair et ciblé.
L’important n’est pas de faire court à tout prix.
L’important est de ne pas faire durer par principe.
La durée d’un coaching ne devrait pas être un dogme.
Certains sujets demandent du temps.
D’autres demandent surtout un espace clair, cadré, pour regarder un point précis.
Ce qui compte, ce n’est pas de faire court ou long.
C’est que l’accompagnement reste au service de l’autonomie de la personne accompagnée.